La rue Grenet dans l'arrondissement St-Laurent
- Johanne Chartrand
- 1 févr.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 5 févr.

Nous avons quitté Sainte-Thérèse pour nous installer dans un bloc appartements de Saint-Laurent, sur la rue Grenet. Je me souviens très bien de l’endroit : un 4 ½ au sous-sol, petit mais fonctionnel. Je dormais dans un lit simple et ma sœur, encore bébé, partageait la chambre avec moi dans sa bassinette. 🛏
Mon père travaillait chez Canadair, juste en face. Il n’avait qu’à traverser la rue pour se rendre au travail. Avec le recul, j’imagine les économies que mes parents ont pu faire en vivant si près du gagne-pain familial. 🛫
Nous étions toutes petites, ma sœur et moi, donc on sortait peu pour jouer dehors. Je garde pourtant en mémoire la piscine creusée extérieure et, juste à côté, la barboteuse. Un jour, ma mère a décidé de m’amener dans la grande piscine. J’avais pleinement conscience de la masse d’eau sous mes pieds. Impossible de la lâcher : je m’agrippais à elle comme si ma vie en dépendait. La barboteuse me semblait infiniment plus rassurante… du moins à ce moment-là. Curieusement, j’ai appris à nager toute seule vers l’âge de quatre ans. Aucun traumatisme, à croire. Je suis devenue un petit poisson, mais un peu plus tard. 🏊🏻♀️
Je me rappelle aussi d’un après-midi où mon père, confortablement installé dans le salon, buvait une bière. Ça avait l’air si bon que je lui ai demandé d’y goûter. Il s’est levé, est allé chercher le petit verre bleu que j’utilisais d’habitude, m’en a versé une petite quantité… puis il a attendu. Je me souviens encore de son expression quand il m’a vue grimacer. 🍺
Il y avait aussi ce jouet que j’adorais : un petit navire miniature. Comme je ne me souvenais presque jamais de l’endroit où je l’avais laissé, je l’appelais mon bateau magique. J’étais convaincue qu’il avait le pouvoir de disparaître tout seul. 🚢
Ma mère faisait les lavages dans une salle près de notre appartement. Les corridors étaient d’un blanc immaculé, éclairés par des lumières d’un blanc vif. Les immeubles du complexe s’appelaient les blocs Séco. Je crois qu’ils étaient neufs à l’époque, mais malgré mes recherches, je n’ai jamais réussi à trouver leur année de construction. 🔍
Je garde aussi un souvenir précis de mon premier Noël. J’avais reçu une poupée, debout devant un arbre argenté décoré de boules bleues. Maman aimait le bleu, c’était sa couleur préférée. Ma sœur avait reçu la sienne, assise près de la mienne. Nous recevions toujours des poupées à notre image : cheveux foncés pour ma sœur, blonds ou châtains pour moi. J’avais baptisé la mienne Marina. Elle avait les cheveux châtains et portait une jolie robe bleu marine. 🎄
Nous n’avons pas habité longtemps ce sous-sol. Mes parents étaient sans doute en transition, le temps d’économiser pour acheter une maison. C’est ce qu’ils ont fait. À l’été 1964, nous avons quitté la rue Grenet pour Saint-Eustache. Une nouvelle vie s’ouvrait devant nous… et une banque de souvenirs prête à se remplir. 🏡




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