La 145 à Saint-Eustache. 🏡
- Johanne Chartrand
- 22 févr.
- 3 min de lecture

Été 1964, mes parents ont finalement acheté leur maison. Un bungalow de trois chambres au même étage, une denrée rare aujourd’hui. Je me souviens de la couleur de chaque pièce. La mode était plutôt aux couleurs vives et audacieuses. 🎨 La cuisine était peinte en jaune, la chambre de mes parents en bleu, la chambre de ma sœur en vert et la mienne en rose. Je me souviens vaguement de la couleur du salon je le vois beige pâle dans ma mémoire. À l’époque, les maisons chauffaient à l’huile. Je me souviens de me coller les pieds sur la fournaise quand je rentrais de dehors pour me réchauffer. Le chauffage était à l’étage centré au milieu de la maison pour bien répartir la chaleur. Le sous-sol lui n’en avait pas, on mettait nos manteaux pour aller y chercher quelque chose. Mais on était bien, on avait tout le nécessaire.

L’ancien proprio avait divisé le sous-sol, les murs étaient en gyproc. Il avait déjà installé une salle de bain; un lavabo, une douche, une toilette et les laveuse-sécheuse dans une pièce avec fenêtre. Mon père avait son atelier et ma sœur et moi, notre salle de jeux. Un seul écran📺 par maison et un seul téléphone📞. Impossible de filtrer les appels, pas de répondeurs non plus, s’il y avait quelqu’un à l’autre bout du fil, on savait qu'elle répondrait!
Toute la famille regardait la même émission en même temps et dans la même pièce, incroyable non?! On vivait ensemble mais on respectait l’espace de chacun. Chez-nous le salon était comme un musée, on n'y allait que pour des occasions spéciales. La télé prenait place dans la cuisine avec son antenne qu’on appelait oreilles de lapin sur un petit meuble à roulettes, on pouvait l’installer n’importe où. À côté, le téléphone filaire sur son meuble lui aussi.
Tous les bungalows sur ma rue avaient 3 chambres à l’étage. Les sous-sols n’étaient pas vraiment aménagés pour y habiter c’était plutôt des espaces de rangements. Chez-nous c’était notre salle de jeux quand la météo n'était pas clémente ☔parce que sinon, on était dehors, toujours! Étant une boomer, j’avais des amis partout pour jouer. Presque toutes les maisons habitaient des familles de 2 à 6 enfants, c’était courant dans ces années-là.
Quand on est arrivé là en 1964, il y avait des champs et des vaches. Une rivière au bout de la rue où on allait jouer souvent. Le ciné-parc Matthers est arrivé en 1971, avant sa construction, tout cet espace était notre terrain de jeux. Il n’y avait que 2 écrans au tout début du ciné-parc. Un troisième écran est arrivé en 72 et deux autres en 79. Le marché aux puces est arrivé plus tard. Le ciné-parc toujours le plus grand au Canada est resté le même. Les structures à l’entrée sont les mêmes qu’à l’époque et ont conservés leurs couleurs d’origines. Je fais un retour dans le temps à chaque fois que je visite le site.

On a habité ce coquet bungalow du 145 pendant douze ans. Une séparation a fait que mes parents ont vendu la maison. J’avais seize ans en 76. Une période déjà instable pour moi. Ma famille a vécu une période de turbulences et de transition. On s’est retrouvé dans un 4 1/2 au cœur de St-Eustache après que mon père soit revenu d’une pause que lui et ma mère avaient jugé nécessaire.
Un nouveau chapitre s’écrivait donc au 304 Terrasse Nadon.




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